lundi 14 juillet 2014

Projet Milady - 1ère partie de Noche Pùrpura (Texte débutant)

Salut à tous! 
Dans le but d’annoncer mon nouveau partenariat avec Noche, du blog De la Plume au Stylo j’ai le plaisir de publier et de partager avec vous un texte écrit par lui. J’ai adoré Projet Milady pour son originalité et l’imagination de son auteur que j’applaudis! 
Voici donc la première partie! Vous pouvez consultez l’article consacré au texte ici pour en savoir plus et vous pouvez lire le reste et le livre en entier ici !

(Certains navigateurs peuvent montrer le texte avec de fautes d’impressions, je m’en excuse!)

Bonne lecture! :)




Première Partie
Le train d’ombres et de lumières
- Hiver -
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" Partir, c’est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s’envoler. C’est s’apercevoir qu’on n’est pas les seuls sur la planète, Qu’on ne sait pas tout comme on le pensait. On devient plus humble, Plus tolérant, Un peu plus intelligent. "
P.Fillit
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1.
Il y a partout dans le monde ces endroits où une foule de gens se réunit. Des êtres humains en masse sur le même lieu, qui beuglent, crient, courent, se bousculent. Des parents stressés qui tiennent la main de leurs enfants curieux et intenables, autour de gens tous autant plus pressés les uns que les autres. Quelques exceptions, les drogués et les optimistes marchent d’un pas lent et détendu, comme s’ils se plaisaient inconsciemment à augmenter l’irritation des autres. Mais, dans tout ce bétail, il y a toujours ceux qui découvrent ce spectacle pour la première fois de leur vie. Les petits nouveaux, les novices.
Mathias Leroy faisait partie de cette catégorie. Le train, c’était pour lui une première et la gare aussi évidemment. Sa petite valise écaillée à la main, il essayait de se mouvoir dans cette marée humaine en cherchant les guichets du regard mais de gros poissons venaient le percuter à chaque fois. Cette fois-ci ce fut un poisson avec un chapeau rond et Mathias fut violemment projeté en dehors de la foule. Sa valise lui échappa et retomba lourdement sur le sol. En se relevant tant bien que mal, il constata que le poisson portait aussi une horrible écharpe rouge et blanche avec des flocons de neige brodés.
"Quelle goût de chiotte sérieusement" pensa Mathias en rajustant ses vêtements. Il ramassa sa valise et replongea dans cette masse humaine.
La période des fêtes de fin d’année avait commencé et le Père Noël avait sûrement dû envoyer un lutin décorer la gare. Des guirlandes lumineuses multicolores pendouillaient et s’enroulaient autour des piliers et des sapins présents dans tous les recoins. Le plafond, vaste dôme vitré, présentait un ciel noir parsemé d’étoiles. Les enfants se laissaient facilement prendre à cette ambiance magique qui était pour eux synonyme de bon moment et des sourires béats se dessinaient sur tous ces petits visages innocents et illuminés. Mais Mathias n’était plus un enfant depuis bien longtemps, il avait maintenant dix-neuf ans et les guirlandes accrochées au panneau d’affichage qui l’empêchait de voir avec leur éclat, l’agacèrent plus qu’autre chose. Il avait un train à prendre à dix-huit heures précises et il ne comptait pas le rater, surtout pas pour une première fois.
Ce fut à ne pas douter la chance des débutants qui le conduisit au près d’un guichet tenue par une petite femme brune. Mathias ne put réprimer un sourire en coin. Même les employés avaient droit à leur déco de Noël en apercevant l’uniforme rouge et le petit bonnet de la même couleur avec le célèbre pompon blanc qui retombait en arrière. La femme dû surprendre son sourire car elle retira vivement le bonnet de sa tête et le posa froidement sur son comptoir. Dommage, il lui allait bien.

Bonsoir.

Bonsoir, que puis-je pour vous ?

Je viens récupérer un billet en réservation.
A quel nom je vous pris ? demanda l’employée.
Leroy, Mathias Leroy.
— Leroy, voyons voir si j’ai ça... commenta la jeune femme en cherchant

vigoureusement dans des tiroirs derrière elle. Avec un « y » à la fin, c’est ça...ah oui ! Parfait ! C’est effectivement moi qui l’ai !
Mathias adressa une petite prière à tous les dieux qu’il connaissait en pensant qui sinon, il lui aurait fallu rechercher un autre guichet dans ce lieu noir de monde. C’est mon jour de chance aujourd’hui ! Il sortit fébrilement son portefeuille de son manteau et prit le billet qu’on lui tendit. Enfin il l’avait ! C’est bien beau tout ça...mais le train...je dois aller le prendre où exactement...
Heureusement pour lui, la petite brunette vint à sa rescousse.
— C’est une première pour vous le train ou je me trompe ? demanda malicieusement la jeune femme.
Effectivement, vous avez raison, c’est la première fois de ma vie que je prends le train, répondit Mathias en se sentant sur le coup honteux et un peu stupide pour qu’elle le devine si facilement.

Alors je vais vous expliquer Mathias, vous permettez que je vous appelle

Mathias hein ? Chouette ! continua-t-elle sans laisser au jeune homme le temps de donner ou non son accord. Montrez-moi votre billet !

Le jeune homme lui tendit doucement son précieux pendant qu’elle se penchait par- dessus le comptoir. Mathias vit une petite plaquette dorée épinglée sur sa poitrine et y lut un prénom : Clara. Il constata aussi, avec un sourire discret, que la tenue se terminait par une minijupe au-dessus des genoux. Et quelle paire de jambes songea Mathias. Ses joues rosirent légèrement mais il stoppa subitement ce flot de pensées quand il sentit une drôle de chaleur l’envahir. Pourvu que la jeune femme n’est rien remarquée.
"Arrête de penser à des trucs comme ça vieux ! Même si elle n’a l’air d’avoir que deux ou trois ans de plus que toi et qu’elle est dotée d’une paire de jambes digne des déesses..."
Ah voilà ! J’ai trouvé ! s’exclama Clara en gigotant à moitié couchée sur le comptoir, son bonnet glissa et tomba sur le sol sans qu’elle s’en rende compte. Mathias se força à détourner le regard quand il vit la courte jupe remonter un peu plus.
— Oui..., dit-il en se forçant à regarder le billet.
Alors vous voyez ici ? Oui ? Parfait, c’est l’heure de départ du train, dix-huit pour le vôtre. Vous allez devoir donc attendre au quai mille huit cent, c’est très simple. Vous reprenez la grande artère puis à votre gauche, la première, vous devriez voir une grande horloge indiquant l’heure de votre train. Vous passez dans un couloir au dessus et vous débouchez sur votre quai. C’est aussi simple que ça ! Plus qu’à attendre que le train arrive ! En tout cas, si vous prenez le Milady, vous n’aurez aucun mal à le reconnaître. Et le petit chiffre en bas à gauche c’est le numéro de votre cabine. Voilà voilou !
Mathias rangea le billet dans son portefeuille en essayant de retenir toutes ces informations pendant que Clara se dandinait pour faire redescendre sa jupe visiblement trop serrée.
Merci, souffla-t-il en attrapant sa valise.
Bon voyage Mathias ! s’écria Clara en lui adressant de grands signes de main comme s’ils étaient désormais devenus des amis de toujours.
Mais le jeune homme ne les vit pas, il avait déjà regagné l’artère principale pleine de monde.


2.
Comme indiqué par Clara, une grosse horloge dorée en fer forgé sur la gauche aiguillait l’heure fatidique de dix-huit heures. Mathias sortit alors pour de bon de cette mer étouffante de sueur et de pression et s’engouffra sous une grosse arcade. Il marchait désormais avec entrain dans une petite artère où s’alignaient des petits sapins blancs aux guirlandes clignotantes dans les tons bleutés. Les vitres des quelques magasins ou bureaux de la gare renvoyaient le reflet d’un jeune homme brun dans un long manteau beige, tenant une petite valise, un sourire illuminé sur son arrogant et fin visage.
Mathias se sentait bien, même très bien. Il était lancé, rien ne pourrait l’arrêter. Il attendrait patiemment son train puis embarquerait, et une nouvelle vie commencerait enfin pour lui. Une vie loin de tout et surtout de ces dix-neuf dernières années.
C’est toi qui à toutes les cartes en main, tu décides des coups de bluff, de triche, tu attends patiemment et quand le moment est venue, tu écrases ta carte maîtresse sur la table, et puis tu sais quoi l’ami...je vais te dire un secret...la vie...c’est un peu la même chose..., chuchota une petite voix lointaine à l’oreille de Mathias.
Quand le jeune voyageur s’assit sur un banc du quai, la valise à ses pieds, la petite voix avait laissé place aux murmures d’un vent frais et grisant. Il n’y avait personne d’autre que lui sur le quai, les lumières de Noël achevaient de lui renvoyer son ombre sur les rails. Les mains tremblantes, Mathias sortit un petit portefeuille en cuir. Les armoiries dorées, représentant les symboles Alpha et Oméga entrelacés, brillèrent dans ses yeux sombres. Avec délicatesse, il tira une petite photographie en couleur usée.
Toutes les personnes présentes sur cette photo souriaient.
Mathias se reconnut, il tenait la main à Fleur et elle avait sa tête déposée dans le creux de son cou, les yeux brillants. Nox, tout au fond, rigolait, même s’ils avaient dû le forcer à se placer devant l’objectif. Edward était accroupi, une main sur le cœur et Alice jouait avec une mèche de ses cheveux, un coude posé sur la tête d’Edward. Le petit Patrick était là aussi, il serrait fort M. Soleil dans ses bras et riait aux éclats.

Toutes les personnes présentes sur cette photo étaient les seuls amis de Mathias. Toutes les personnes présentes sur cette photo souriaient.

Toutes les personnes présentes sur cette photo n’avaient pas survécu.

Et pourtant elles souriaient comme si de rien n’était. Elles souriaient sans connaître
leur avenir. Elles souriaient face à un destin malsain. Elles souriaient car elles étaient heureuses d’être ensemble. Elles souriaient, tout simplement.
Une larme rebelle coula sur la joue de Mathias. Les doutes commençaient à assaillir l’esprit du jeune homme. Les doutes des personnes qui font des choix importants et qui en viennent à se demander si elles ont fait les bons choix.
"Ai-je fait le bon choix ? "
Il avait décidé seul de quitter l’orphelinat où il vivait depuis l’âge de ses trois ans. La décision était venue juste de lui, il avait choisi de partir délibérément. De quitter pour toujours Nox, Edward, Alice, le petit Patrick et Fleur, sa chère Fleur avec ses longs cheveux blonds or...Quand il avait franchi la grande porte en bois sous un ciel pluvieux, elle s’était jetée en larmes dans ses bras. Mathias s’en souvint encore : sa Fleur frissonnante et trempée contre lui, son parfum enivrant de muguet et sa bouche qui cherchait la sienne...Puis elle s’était mise à lui hurler de rester, de ne pas l’abandonner, qu’elle ne pourrait pas vivre sans lui...Mathias, le corps secoué de spasmes avait fait la sourde oreille et sans un regard en arrière avait disparu dans le paysage, ses yeux inondées de larmes et de gouttes de pluie...
Il avait envie de la revoir, il avait besoin d’elle. Maintenant. De se retrouver près d’elle. Il se fichait royalement de ce foutu train finalement, seul Fleur comptait. Il voulait même discuter avec Nox sous le ciel étoilé, assis sur le toit de l’orphelinat. Ce serait si simple, jeter le billet sur la voie, faire un petit coucou à Clara et retourner près de ses amis. Puis ils s’asssiraient autour d’une table, Fleur sur ses genoux serrant sa chemise et ils lèveraient tous un verre pour oublier. Pour oublier, oublier tout ce qui s’est passé...
Oublier, c’est le pardon.
Le pardon, c’est faire comme si rien ne s’était passé, or Mathias ne pourrait jamais faire comme si tout cela n’avait été qu’un mauvais rêve.
Dans cette douce nuit étoilée, quelques jours avant Noël, attendant son train assis sur un banc, sa valise à ses pieds et serrant la photo contre son cœur meurtri et brisé, Mathias
Leroy laissa échapper une longue plainte douloureuse. Puis enfin, il ferma les yeux et laissa les lèvres parfumées de Fleur se rapprocher de lui...
Juste pour cette fois, il oublierait.

3.
Quand les larmes vinrent à lui manquer, Mathias se laissa aller contre le banc et fixa d’un regard terne les rails du chemin de fer devant lui. Une fois l’émotion passée il ne restait plus que la coquille dorée et vide d’un homme, jusqu’à ce que les morceaux intérieurs ne se recollent petit bout par petit bout dans une valse de sentiments profonds...ou qu’une petite fille mystérieuse ne lui adresse la parole.
Vous auriez vu mon papa ?...
Mathias releva la tête dans un geste mécanique pour distinguer d’où provenait la petite voix. Son esprit n’était pas complètement revenu. Il avait les yeux encore embués mais il parvint à apercevoir une silhouette entourée d’un halo de lumière rouge orangé à quelques mètres de lui.
Vous auriez vu mon papa ?...
La voix se faisait toujours aussi lointaine, comme un écho retentissant dans les hautes montagnes enneigées et Mathias en profita pour essuyer les restes de larmes destinées à sa Fleur, il détestait être vu entrain de ressentir une émotion telle que la tristesse. "Être dans un tel état de faiblesse..."
Vous auriez vu mon papa ?... répéta la petite voix dont on distinguait désormais les douces notes de musique graciles et innocentes
Cette fois-ci, Mathias sursauta imperceptiblement et un long frisson glacé le parcourut le long du dos jusqu’à l’échine : elle chuchotait à son oreille...
Vous auriez vu mon papa ?...
Mathias sentit clairement l’haleine chaude et parfumée de l’enfant contre son oreille et se répandre dans la base de son cou. Il tourna la tête vers cette singulière petite source de chaleur.
C’était une petite fille, celle qui si semble si fragile et précieuse qu’on a peur des les briser rien qu’en déposant un peu trop fort un délicat baiser sur leur joue. Une cascade de cheveux roux tombait dans son dos et encadrait son petit visage d’un blanc laiteux, où deux petits yeux comparables à des saphirs purs et cristallins brillaient dans la nuit. Un épais manteau et des moufles mauves enveloppaient son corps tout frêle et ses mains contre le froid. Un bonnet que Mathias était certain d’avoir déjà vu reposait sur sa petite tête. Cette petite fille était assise à côté de lui, silencieuse, le fixait de ses deux prunelles pures comme le font tous les enfants de cet âge et pourtant, Mathias éprouvait une sorte d’antipathie envers elle. Il la trouvait trop parfaite avec ses longs cheveux, sa peau sans aucune imperfection, ses grands yeux bleus et sa voix mélodieuse. Trop parfaite. Quelque chose de non parfait devait être enfouie sous cette apparence, l’Innocence des enfants ne rend pas parfait. Et les personnes parfaites n’existent pas.
"Personne n’est parfait, je ne suis pas parfait et ma Fleur n’était pas parfaite...Ah... enfin tu y es arrivé Mathias Leroy ! Tu éprouves de l’antipathie pour cette petite fille car elle te fait penser à Fleur au même âge hein ? Elle te manque terriblement ta Fleur mais ce n’est pas une raison pour en vouloir à cette gamine. La seule chose à faire dans ces cas-là est de la regarder, pour trouver un détail qui te permettrait de la différencier de ta douce Fleur."
La fillette continuait de l’observer.
"Elle a les cheveux roux et ma Fleur les a blond comme l’or " pensa ridiculement Mathias et son antipathie disparut.
La fillette continuait de l’observer et comme la réponse ne venait pas, elle reposa encore une fois la question :
Vous auriez vu mon papa ?...

4.
Papa. Un papa. Mathias avait eu un papa. Un papa. Jusqu’à l’âge de trois ans. Au tout début, quand il était arrivé à l’orphelinat, il pleurait chaque soir sa maman et son papa. Puis une nuit il ne pleura plus. Plus du tout. Plus jamais. Il avait oublié ce qu’étaient une maman et un papa. Ce n’étaient plus que des mots, vides, sans aucune mélodie. Trop d’années s’étaient écoulées, trop de temps sans eux, trop petit. Les souvenirs s’étaient envolés. Sans un bruit. En secret.
Alors quand il entendit la question, Mathias n’eut qu’une envie : lui demander ce que c’était un papa déjà. Mais ses mots exacts furent :
Comment ?
Vous auriez vu mon papa ?... questionna tranquillement la fillette, les lueurs des guirlandes se reflétaient dans le blanc de ses yeux grands ouverts et rivés sur son interlocuteur.

Il ressemble à quoi ton papa ?

— À un papa...enfin à mon papa à moi...

— Ce n’est pas grave, chuchota pour lui-même Mathias. L’Innocence des enfants était

vraiment sans limites.

— Ce n’est pas grave... reprit la fillette pendant que le jeune homme se demandait si

elle avait réellement entendu. Alors vous auriez vu mon papa ?... Non. Désolé.
La réponse engendra un long silence.
La petite fille détacha, enfin, ses grands yeux ouverts de Mathias et fit la moue avec ses lèvres en baissant la tête sur le côté. Mathias, qui la supposait triste et désemparée, ce devait sûrement être ce que l’on ressentait quand on ne trouvait pas son papa, décida de lui faire un peu la conversation.
— Il est très beau le bonnet que tu portes, tu savais qu’il y en a qui ont le pompon qui clignote.
Le sujet vraiment bateau mais qui devrait parfaitement fonctionner avec une fillette d’environ six ans.
— C’est Clara, une madame qui travaille à la gare qui me l’a donné. Il était tombé par terre, je l’ai ramassé et elle m’a dit que je pouvais le garder. D’ailleurs elle aussi n’a pas vu mon papa..., déclara tranquillement et fermement l’enfant, la tête toujours baissée.
Le ton dur et sans faille comme un roc sortant de la bouche d’une si petite fille rendit Mathias incrédule.

Ah ! Clara, je la connais aussi.

— Ce n’est pas grave... chuchota la fillette.

Et elle se tut. Elle baissa encore plus la tête et fixa longuement ses grosses bottes
fourrées violettes. Mais elle souriait. Le silence revint.
L’air devint lourd, et opaque. La gaieté de Noël n’agissait plus en cet endroit pour le moment. Quelque chose clochait. Mathias en était certain. Il en avait le pressentiment, il le ressentait. Ici. Là. Quelque chose le mettait mal l’aise, il le savait tout près mais il ne le voyait pas. Et ça l’angoissait. Ou alors, c’était l’angoisse de prendre son train. Le stresse, la paresse, la tristesse.
Il leva la tête et aperçut la lune dans son halo de pureté. Elle brillait, haute, claire, blanche. Et elle tombait. En tout petits morceaux scintillants. Des petites lunes.
Vous avez vu il neige...
Effectivement il neigeait. Les petites lunes tombantes n’étaient rien d’autre que de la neige. De gros flocons brillants, bien formés comme il faut. Ils papillonnaient avec grâce et touchaient le sol avec délicatesse.
— J’imagine le son d’une note de piano quand le cristal de glace rencontre le sol..., déclara solennellement la fillette, ses yeux de nouveaux grands ouverts et tournés vers Mathias.
Un frisson électrique parcourut le jeune homme, il en ressentit les picotements comme des épines de roses. L’angoisse était toujours là. Et elle n’avait en aucun cas rapport avec le train. Il en était maintenant persuadé. C’était autre chose. Mais il n’en montra rien à la petite rouquine et renchérit avec humour.

Tu dois entendre un véritable concerto alors !

— Oui, c’est sûr. Mais ce que je veux c’est attraper le dernier flocon de neige...

Pourquoi le dernier ?
— Parce qu’il peut réaliser les rêves. Ceux que l’on veut réaliser ou ceux que l’on n’a


pas pu réaliser...

Et comment comptes-tu le trouver ? Il y a une multitude de flocons de neige, en

désignant de la main l’ivre poudreuse blanche qui chutait lentement en continue.

— Oui, je sais. Mais le dernier tombe toujours à l’est...

Il fondra dans ta main si tu parviens à le trouver.
Non. Le cristal de glace à l’intérieur est tellement pur et magique qu’il ne se brisera


pas. C’est évident ! Et je n’aurai plus qu’à penser à mon rêve...

La petite fille rousse avait en cet instant le visage le plus adorable que Mathias n’eut

jamais vu. Elle y croyait dur comme fer à cette histoire. Un arc-en-ciel cristallin voyageait dans ses deux saphirs. Elle souriait jusqu’aux oreilles. Un sourire qui rappela à Mathias ceux présents sur la photo qui ronflait dans son portefeuille. Contre son cœur. Un sourire enfantin. Pur. Honnête. Enchanteur. Un sourire juste parfait. Peut-être même trop parfait. Un second frisson irradia Mathias de la tête aux pieds.
La fillette se leva et sauta du banc les pieds joints. Elle s’étira en tendant ses petits bras frêles vers le ciel obscur parsemé d’étoiles. Il sembla à Mathias que les flocons déviaient au dernier moment leur trajectoire pour l’éviter. Ce ne devait être qu’un reflet. Elle se tourna vers lui et le fixa intensément de ses grands yeux ouverts.

— Je retourne chercher mon papa. Merci Monsieur...

De rien.

Mais sa voix sonnait faux. Son esprit cherchait ce qui le mettait en tel état d’alerte. Les
frissons continuaient d’aller et venir comme si on le piquait avec une lame froide. — Et vous que faites-vous ?

— J’attends mon train.

Pourquoi ? Il est juste en face de vous depuis que je suis arrivée...

Et elle tourna sur elle-même, les mains dans le dos. Puis, elle sautilla sur le quai en
écartant ses bras. Le pompon de son bonnet allait de droite à gauche au rythme du mouvement de sa tête. Comme le balancier d’une vieille horloge. Enfin, elle disparut du champ de vision de Mathias, emportant avec elle sa fraîcheur, son innocence, son sourire et ses grands yeux bleus ouverts.
Etrangement, les frissons et l’anxiété disparurent eux aussi.

5.
Mathias se demanda franchement comment il avait fait pour ne pas remarquer le train. C’était un véritable mastodonte d’ingéniosité et de fer forgé. Il était là. Juste en face. Et depuis un petit moment à en juger par les dernières paroles de la fillette. D’ailleurs Mathias espérait de tout son cœur qu’elle puisse retrouver son papa. C’était la première fois depuis qu’il avait quitté Fleur à l’orphelinat qu’il souhaitait le bonheur de quelqu’un d’autre. Avec son cœur. Il en fut légèrement troublé.

Milady. Le Milady. Son train. Celui qui est calligraphié en lettre dorée sur le billet. Il était devant Mathias, plongé dans la pénombre. Mais Mathias pouvant distinguer ses

contours : l’énorme locomotive avec sa cheminée qui se dressait haute et fière, le tender contenant le carburant, les grandes roues puissantes relié au moteur à vapeur, et les premières voitures. Il était vraiment gigantesque. Mathias se sentit minuscule. Ce qui s’étalait devant lui était un moyen de transport destiné à l’immensité du monde. A affronter le monde. Qu’importe la destination et le temps que cela prendrait, Mathias sentait que ce train l’emmènerait jusqu’au terminus de la ligne. La vie était devant lui. Et il l’embrasserait comme elle viendrait. Sans regrets.

Un sifflet retentit dans le quai mille huit cent.

En voiture ! cria une voix forte dans la nuit.

Le voyage n’avait même pas encore commencé mais Mathias fut témoin d’un des plus

tableau qu’il lui fut permit de voir.

Le Milady s’illumina subitement. Son nom gravé en grosses lettres sur l’avant de la

locomotive scintilla avec puissance. Tout le véhicule fut recouvert d’un éclat doré. On aurait dit qu’il s’agissait d’or, un train en or. Même les roues brillaient, toutes argentées. Une lumière chaleureuse et bienveillante filtrait des voitures. C’est à ce moment que les moteurs se mirent en marche et les portes s’ouvrirent, projetant des lueurs pailletées sur la neige qui recouvrait le quai. Les cristaux concentrés dans les flocons de neige prirent la couleur des éclairages émanant de l’intérieur et l’extérieur du train. Une pluie de flocons d’or. Et sous cet or fragile, le quai se remplissait de passagers sous le regard ébahi de Mathias. Une larme ou un flocon de neige coula le long de sa joue. Il rabattit le col de son manteau contre son visage, prit fermement sa valise en main et tendit son billet au contrôleur, un homme avec une moustache tarabiscotée, qui jetait des coups d’œil frénétiques à sa montre attachée à une élégante chaînette dorée de son gousset, comme s’il craignait déjà le retard.
Quand la voiture fut pleine de monde et que la porte se referma, laissant pénétrer le dernier souffle froid neigeux de cette nuit d’hiver, Mathias était plongé dans ses pensées. Ce fut une cloche dans le lointain qui sonnait les dix-huit heures qui le tira de son subconscient. Un sourire fiché sur son fin et arrogant visage, la valise ferme aux poings, les yeux dans le vide, c’est ainsi qu’on aurait put dresser le portrait de Mathias Leroy qui se souhaitait pour lui-même, au plus profond de son âme un :
"Bon voyage"

6.
Raphaël ! Raphaël ! cria le contrôleur à la moustache tarabiscotée, créant le silence autour de lui.
Un jeune homme en uniforme se présenta face à lui, essoufflé d’avoir couru, les mains posées sur ses genoux.
— Qu’elle heure est-il Raphaël ? demanda sèchement l’homme à la moustache, sa montre à gousset dans sa main gauche.
Le jeune homme sortit nerveusement sa propre montre à gousset, l’ouvrit et déclara en s’éclaircissant la gorge :

Il est très exactement dix-huit heures et quarante-sept secondes Monsieur !

— C’est exact ! Et comme vous le savez le retard est intolérable ! Intolérable !

Oui Monsieur !
Intolérable ! Vous allez accompagnez ce jeune homme à sa cabine, en désignant du

doigt Mathias sans quitter des yeux sa montre. J’ai vu sur son billet qu’il était dans la voiture- lit où vous étiez responsable.
Oui Monsieur ! Bien Monsieur ! Si vous voulez bien me suivre, en dévisageant Mathias.

— Et n’oubliez pas Raphaël, le retard est intolérable !

"Un oisillon et un rapace"

C’était en ce moment à quoi même pensait Mathias. Et il était en train de suivre
l’oisillon. L’image ridicule d’un vautour doté de l’excentrique moustache du contrôleur qui essayait d’ouvrir sa montre avec son bec crochu lui étouffa un rire. L’oisillon marchait d’un pas rapide en écartant la foule. Mathias comprit rapidement que sa cabine se trouvait à l’autre bout du Milady et il put constater l’immensité de la machine. Il ne traversa pas moins de six voitures-lits et trois voitures-restaurants luxueuses : de grandes tables recouvertes de nappe blanche, où étincelaient des verres qui devait sûrement coûter à l’unité bien plus cher que tous les vêtements réunis que Mathias portait, occupaient une bonne partie de l’espace. Une gigantesque moquette brodée à la main faisait office de sol et un lustre en cristal régnait sur ce petit monde de richesse. Cependant Mathias se voyait assez mal manger dans un tel endroit, il eut une petite nostalgie pour la cantine de l’orphelinat mais elle fut très vite balayée.
Il fut rapidement rejoint par un vieil homme vêtu d’un costume classique mais propre et élégant, d’une femme qui portait une imposante robe qu’il n’avait jamais vu et qui parlait insistance, d’une petite jeune femme qui devait être la femme de chambre de l’autre : elle portait deux grosses valises et une cage alors que l’autre ne trimballait que sa voix, un chapeau et un éventail.
"Eh ben je ne risque pas me m’ennuyer avec eux ! Ou plutôt si. Je vais me faire chier !" pensa Mathias en dévisageant tristement ses compagnons d’infortune qui lui semblaient être sorti d’un autre monde. Un monde auquel il n’avait jamais goûté. Mais un monde qu’il savait plein d’aprioris et de magouilles.
L’oisillon ouvrit la porte où un gros chiffre neuf doré brillait et laissa les voyageurs entrer dans la voiture-lit. Ils furent bientôt rejoints par un couple et là, Mathias crut qu’il allait éclater de rire ou lancer sa valise. Il hésitait. Le gros poisson était là lui aussi. Avec son horrible écharpe rouge aux flocons de neige et son chapeau rond. Mais l’homme semblait vraiment mal en point, il n’arrêtait pas de trifouiller le bas de sa veste en lançant autour de lui des regards apeurés. Mais Mathias était rancunier et ne se laissa pas attendrir.
L’oisillon se présenta en tant que responsable de cette voiture-lit, la neuvième, mais Mathias savait son nom et n’écouta qu’à moitié, son regard fixé sur le bonhomme qui l’avait bousculé dans la gare sans un pardon. Raphaël procéda de nouveaux à la vérification des billets et indiqua les cabines. Le couple avait le numéro un, en tête de voiture. La dame de chambre avait la quatre et sa maîtresse la cinq. Quand elle passa devant Mathias, elle lui lâcha un regard feint en marmonnant d’un ton outré : " Pauvre petiot, tu as perdu ta maison !"
En retour Mathias lui fit son plus beau sourire dents blanches en forçant tellement que ça en devenait plus qu’arrogant. L’homme que Mathias fixait sans un répit avait la sept. Son état était plus que préoccupant et Raphaël lui demanda s’il allait bien, en bon employé qui se préoccupait de ses passagers. L’homme marmonna une réponse et courut jusqu’à sa cabine en claquant la porte derrière lui. Le vieil homme obtint la huit et Mathias hérita de la neuf. Il rangea la clé dans la poche de son pantalon. Raphaël lui demanda s’il voulait une table pour ce soir mais Mathias lui répondit qu’il n’avait pas faim et lui souhaita une bonne soirée. Le responsable répondit par un franc signe de tête.
La cabine de Mathias était au fond de la voiture. Quand il fut devant la porte, il sortit la clé en forme de neuf et l’inséra dans la serrure.

Excusez-moi jeune homme, vous auriez du feu ?

Le vieil homme en costume lui montra sa pipe en signe de justification.

Ouais !
Mathias sortit son briquet de la poche intérieur de sa veste. Il ne fumait pas mais il en

avait toujours un sur lui. Une vieille manie qui lui était restée de l’orphelinat, il avait passé de longues heures sur le toit avec Nox et Edward à faire décoller des fusées constituées de filtre de thé.
Merci !
Le vieil homme l’alluma avec une drôle de lueur dans les yeux et inspira un grand coup. Des volutes de fumée colorée sortaient de ses naseaux. Il lui tendit le briquet et serra avec poigne la main de Mathias.

Aldéric Lefrevre ou Al pour les intimes !

Mathias Leroy ou Matt pour les intimes ! répondit Mathias en souriant.

— J’espère que notre bonhomme un peu malade ne va pas tout saloper et réveiller tout

le monde !

— J’aimerai bien voir la réaction de la bonne femme avec son éventail !

— C’est une marquise.
— Ah...une marquise...
— Oui et une grande marquise je pense. Le genre de personne qu’il vaut mieux avoir

dans ta poche sinon qui sait ce qu’elle serait capable de faire. Te faire jeter du Milady à pleine vitesse par exemple.
— Vous croyez que c’est déjà arrivé ? Du moins dans ce train ? répliqua Mathias qui voulait faire un peu d’humour et montrer sa ténacité à ne pas se laisser impressionner.

Oh oui ! répondit avec assurance et sérieux Aldéric. Tout est possible ici.

Et comme pour confirmer ses dires, le couloir fut plongé dans le noir.

— Je vais voir ce qui se passe, s’élança Raphaël à l’attention des voyageurs qui

sortaient juste la tête de leur cabine.

— C’est un brave petit, commenta Aldéric.

La fumée qui sortait de sa pipe tournoyait dans les airs dans les tons magenta et
turquoise. Quelques fois Mathias voyait un court instant l’éclat des yeux du vieil homme tel deux petits insectes noirs et brillants. Il patienta en regardant ce spectacle brumeux et en se demandant si le bonhomme à l’écharpe gerbait quand la coupure s’était produite. Beurk ! Il doit être là, se retenant de ne pas lâcher le reste, le menton tremblant et dégoulinant.
Un crépitement puis la lumière fut. La voiture-lit retrouva sa lueur d’or dans un éclair blanc.
— Bonne soirée, dit Aldéric à l’attention de Mathias. Et merci pour le feu ! Je crois que je vais aller me remplir la panse des fruits de mer qu’il propose. J’espère que les crevettes seront bien assaisonnées et le vin blanc de qualité !

De rien. Bonne soirée à vous aussi !

Aldéric Lefevre disparut dans un nuage de fumée jaune et violet.

Mathias, quant à lui, pénétra dans sa cabine et referma tout doucement la porte derrière
lui.

7.
Un lit, un petit bureau en acajou, un portemanteau, et dans une petite pièce séparée : des sanitaires, une douche, un lavabo, un miroir et une minuscule armoire blanche. Une grande fenêtre avec des rideaux rouges permettait de voir le paysage nocturne que le train éclairait avec ses nombreuses LED dorée sur son revêtement en acier. Il avait arrêté de neiger.
Mathias accrocha son manteau, posa sa valise contre lui, ouvrit la fenêtre et se jeta sur lit. Moelleux mais pas trop. Les draps sentaient bon la fleur de lotus. Mathias se retourna, les mains croisées derrière la tête. Sa première pensée vint à Nox qui lui avait dégotté le billet de ce train destiné au luxe et à la richesse.
"Mais à aucunes secondes de retard" ajouta Mathias en passant à Maître Vautour et sa moustache.
Puis il songea à Alice, Edward et le petit Patrick. Ils avaient faits les quatre cents coups ensemble. Ah ! Que l’orphelinat et son enfance lui semblaient lointains désormais...
Mathias était de tout même fier. Il avait réussi à le prendre alors qu’il ne l’avait jamais fait. Ils en parlaient à l’orphelinat : des mômes qui étaient venues en train et qui donnaient leur impression en montrant leur billet sale et déchiré. Le petit groupe avait aussi piqué des livres à la bibliothèque, beaucoup de livres pour contempler les images de ces merveilles. Mais la plus belle merveille de l’orphelinat et du monde pensa Mathias n’était rien d’autre que Fleur. Elle lui manquait terriblement. Il avait envie de la prendre dans ses bras, de lui offrir mille baisers et de lui faire l’amour. Le temps sera long, très long avant qu’il ne puisse la caser dans un jardin secret dans son esprit, et éviter qu’elle ne rejaillisse n’importe quand dans son effluve de muguet. Il se voyait, pencher sur elle dans ce lit, dans cette même cabine, une main posé sur le haut de la cuisse sous la robe de la splendide jeune femme. Et ils s’embrassaient sans retenue, en se chuchotant des mots d’amour.
Ce fut à ce moment que Mathias s’endormit, épuisé par cette journée.
Le rêve continua longtemps. Soudainement, le froid. Mathias se mit à frissonner. Il se leva à moitié rêveur et referma la fenêtre. Quand il se retourna, il se figea. La petite rouquine était là, assise sur son lit, dans une jolie robe bleu assortis à ses yeux. Et ses yeux fixaient plus que jamais Mathias. Ils brûlaient. Mathias sentait la chaleur en émaner, contre son cou. Des flocons tombèrent dans sa cabine malgré l’absence de nuage, et une note de piano retentissait quand ils touchaient la moquette. Ce fut un concerto. La fillette leva ses jambes vêtues de jolis collants noirs et blancs en damier et riait en sautant sur le lit. Aucuns flocons de neige ne semblaient l’atteindre. Ses yeux étaient toujours ouverts et continuait de fixer Mathias.
Vous auriez vu mon papa ?...
Sa petite voix était fluette. Des papillons phosphorescents aux ailes à l’effigie de cristal de glace sortaient de sa bouche. C’étaient ses rêves. Et ils éclatèrent dans un bain de sang. L’angoisse revint. Poignante. Ricanante. Mathias sentait les pulsations de son cœur résonnaient dans sa tête.
BOOM ! BOOM ! BOOM !
Ce sont les tambours qui accompagnent les notes de piano. Les papillons percutaient les flocons de neiges, la petite rouquine était recouverte de sang. Elle souriait. Elle souriait à Mathias. Sourire ! Sourire ! Sourire ! Avec ses grands yeux bleus ouverts....
Et Mathias comprit !
Elle ne clignait jamais des yeux ! Même quand elle riait. Même quand elle pleurait. Même quand elle détournait le regard. Et surtout quand elle souriait...
Soudain un grand flocon se mit à tomber. Son cristal de glace était parfait. Le dernier flocon de neige. La fillette s’approcha de lui, ensanglantée, ses collants déchirés et sa robe tachée de pourpre. Elle souriait toujours, elle tendit sa main toute dégoulinante et ria. Du sang, des rires, des sourires. Sa chevelure rousse était devenue une cascade de feu. Le rire devint de moins en moins enfantin, le sang de plus en plus sombre, les sourires de plus en malsain... Son petit cou émit un craquement sinistre. Et ce sale sourire et ses yeux qui n’avaient plus rien d’un enfant. Qui semblaient comme attirer par Mathias.
La neige, les papillons, le sang, la fillette, tout avait disparu. Les lumières dorées étaient revenues.
Fleur était là. Son doux parfum de muguet valsait dans la cabine. Elle regardait Mathias avec provocation et doucement, se mit à défaire dans un geste séduisant le nœud de sa robe. Ses cheveux battaient d’un vent imaginaire. Sa robe remontait lentement le long de ses cuisses. Ses jambes étaient parfaites !
" Clara peut aller se rhabiller !"
Quand la robe glissa sur le sol, Mathias pressa son torse contre la poitrine de Fleur et se plongea dans son regard qui évoquait une mer calme et détendue. Je t’aime. Le message était passé. Leurs lèvres s’unirent.
Ce fut à quoi Mathias rêva.
Le Milady, machine calme des temps immémoriaux, suivait le chemin de fer qui menait aux montagnes dans un tracé d’or et de merveilles. 


A suivre ici ! :)

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